22.08.2010

 

 

Lettre à mes petits enfants

 Si la vie, en cadeau, m'a donné mes deux bras,
C'est afin de pouvoir te serrer contre moi,
Te blottir à l'abri des peurs ou de l'effroi,
Te réchauffer un peu quand parfois tu as froid.
T'en construire un rempart, si tu cries au secours,
Ou porter, avec toi, ton sac s'il est trop lourd.
Jouer à l'ascenseur pour que tu prennes toi-même
Sur le rayon trop haut, le livre que tu aimes.
Les garder toujours prêts pour faire de gros câlins,
Ces moments de tendresse que l'on voudrait sans fin.

Si la vie, en cadeau, m'a donné mes deux mains,
C'est afin de pouvoir t'indiquer le chemin.
Guider tes doigts pour tes tout premiers coloriages,
Créer de trois fois rien d'étranges bricolages.
Reconnaître, avec toi, la texture des choses,
Caresser une joue, les pétales d'une rose.
Au bord de l'océan, cueillir des coquillages,
Et construire le plus beau des châteaux sur la plage.
T'écrire, de temps en temps, une lettre ou un poème,
Dans lesquels chaque mot te dira que je t'aime.

Si la vie, en cadeau, m'a donné mes deux pieds,
C'est afin de pouvoir explorer des sentiers.
T'emmener voir la mer, la montagne ou la plaine,
Découvrir la nature qui n'est jamais la même.
Patauger dans les feuilles, la neige ou bien la boue,
Grimper, en trébuchant, sur un tas de cailloux.
Avancer vers l'avant, en accordant nos pas,
Atteindre un sommet, ou le profond d'un bois.
Partager la valeur et la joie de l'effort,
Quand arrivés au but, on se sent les plus forts.

Si la vie, en cadeau, m'a donné mes deux yeux,
C'est afin de pouvoir observer à nous deux.
Essayer, dans la nuit, de compter les étoiles,
Regarder les couleurs posées sur une toile.
Choisir la plus jolie au coeur d'un arc en ciel,
Voir s'embraser le ciel au coucher du soleil.
Repérer dans le monde ce qu'il a de plus beau,
Les aigles dans le ciel ou les dauphins dans l'eau.
Admirer l'horizon au bout d'un paysage,
Et surtout le sourire éclairant ton visage.

Si la vie, en cadeau, m'a donné deux oreilles,
C'est afin de pouvoir percevoir des merveilles,
Le souffle de la brise glissant dans les feuillages,
Le murmure de la vague s'écrasant sur la plage.
La chanson d'un oiseau annonçant le printemps,
Celle des gouttes de pluie ou le rire d'un enfant.
D'abord tes gazouillis et puis tes premiers mots,
Ta chanson préférée que l'on chante en duo.
Recueillir, sans juger, tes petites confidences,
Ces secrets partagés parce que tu as confiance.

Si la vie, en cadeau, m'a donné une bouche,
C'est afin de pouvoir t'apprendre ces mots qui touchent,
Des bonjours, des mercis ou quelques compliments,
Pour dire à ceux qu'on aime, qu'on les trouve importants.
Raconter des histoires avant d'aller dormir,
Ou partager ensemble un énorme fou-rire.
Te couvrir de bisous à n'importe quelle heure,
Inventer des grimaces, mais qui ne font pas peur.
Des dents pour te montrer comment croquer la vie,
En savourer chaque heure, surtout les plus jolies.

Si la vie, en cadeau, ne m'a donné qu'un coeur,
C'est afin de pouvoir y mettre tous les bonheurs;
Car il est assez grand pour pouvoir contenir,
Ceux qui sont déjà là et les autres à venir.
Il n'est jamais rempli et, au fil des années,
Chacun de vous y a sa place bien gardée.
Mais le plus beau cadeau que la vie m'ait donné,
C'est de vous voir grandir et d'avoir récolté,
Tous ces moments de joie, vécus au quotidien,
Provision de souvenirs pour d'autres lendemains.

        à Maxime, Ludovic, Ninon...  janvier 2010                 

 

Une route à deux (noces de...) 

Un jour au début du chemin,
Tu es venu prendre ma main,
Pour faire ensemble un long voyage,
En écrire à deux chaque page.
Nous avons accordé nos pas,
Choisi un rythme et une voie;
Pris le départ avec confiance
En mesurant toute notre chance.
Goûté bien des petits bonheurs:
Respiré le parfum des fleurs,
Ecouté le chant des oiseaux,
Flâné un peu au bord de l'eau,
Réchauffé nos coeurs au soleil,
Souri à l'enfant qui s'éveille,
Et de pouvoir le partager,
Nous en avons mieux profité.
Il y eut, bien sûr, quelques nuages,
De temps en temps même un orage.
Si notre pied a hésité,
Si nous avons craint de glisser,
En avançant main dans la main,
Nos pas étaient moins incertains.
Nous avons franchi des sillons,
Autant de rides sur nos fronts,
Dont nous connaissons chaque histoire,
Ecrite en couleurs ou en noir.
Et quand parfois, au fil des jours,
Le sac pesait vraiment très lourd,
D'être à nous deux pour le porter,
Il nous a semblé plus léger.
Les jours, les semaines et les mois,
Vécus ensemble, toi et moi,
Si nous regardons en arrière,
Je crois qu'on peut en être fiers.
Et la route qu'il nous reste à faire,
Même s'il faut passer des ornières,
Je la poursuis le coeur léger,
Puisque tu es à mes côtés.

             2008   à Solange et Paul Lemercier 
            pour leurs noces de brillant (65 ans)

 

Je veux le vivre avec toi

Les simples joies du quotidien :
Un chant, un sourire, des copains,
Un arc en ciel après la pluie,
Notre étoile qui brille dans la nuit,
Le jour qui renaît à l'aurore,
Lorsque la terre repose encore,
L'ardeur d'un coucher de soleil,
Avant que la nature sommeille.
Je veux le
 vivre avec toi.

Ce petit rien de fantaisie,
Qui met du piment dans la vie,
Mais une branche où s'appuyer,
Solide comme un olivier.
Trouver refuge auprès de toi,
Contre les peurs, le vent, le froid,
Et ne plus craindre les orages,
Croire qu'ils sont seulement de passage.
Je veux le vivre avec toi.

Découvrir d'autres horizons,
Partager les mêmes passions,
S'enrichir de nos différences,
En faire des tremplins pour la chance.
Oser des gestes d'attention,
Une fleur, un cadeau, sans raison,

Penser à dire de temps en temps,
Un merci ou un compliment.
Je veux le vivre avec toi.

Parfois une larme ou un chagrin
Mais toi pour me tendre la main,
Et avancer d'un pas plus sûr,
Résolument vers le futur.
Et si certain jour quelque doute,
Devait traverser notre route,
Lire tout au fond de ton regard,
Que pour nous il n'est pas trop tard.
Je veux le vivre avec toi.

Faire des petits qui nous ressemblent,
Les aider à grandir, ensemble,
En essayant de partager,
Ce que la vie nous a donné.
Et puis vieillir, tranquilles, à deux,
En ayant fait de notre mieux,
Pour conserver toute notre vie,
L'amour qui aujourd'hui nous lie.
Je veux le vivre avec toi.

         
à Aurore et Olivier pour leur mariage
                le 26 août 2006 

 

Accompagne un diapo de fleurs:

Petit bouquet pour un(e) ami(e)

Pour te redire mon amitié,
Il m'était venu à l'idée,
De t'offrir une gerbe de fleurs,
Dont j'aurais choisi les couleurs.
Mais un bouquet c'est éphémère,
Alors j'ai eu, à ma manière,
L'envie de t'en composer un,
Des fleurs croisées sur mon chemin.
Si tu les gardes quelques temps,
J'aimerais qu'en les regardant,
Elles te donnent envie de sourire,
Car c'est ma façon de te dire,
Qu'être ton amie est pour moi,
Toujours une grande source de joie.
Que pour moi il est important,
Que cela dure au fil du temps,
A travers les peines et les joies,
Que la vie nous réservera.
D'avance, sois donc remercié(e),
De me garder ton amitié.

                02/2012

 

 
A la demande d'Edith, pour sa messe d'au revoir.

Edith, "Didi"

Ta vie, dont le livre s'achève,
Nous l'aurions tant voulue moins brève.
Tu as tourné la dernière page,
Ecrite en lettres de courage,
Où chaque mot, jusqu'au dernier,
Nous parlait de sérénité.

Nous avons suivi avec toi,
Une longue route, fait quelques pas,
Et tu prends un nouveau chemin,
Nous laissant un profond chagrin.
Mais la force que tu as montrée,
Devrait, à présent, nous aider. 

Tu as su garder ton sourire,
Sans jamais te plaindre, ni rien dire,
Tu préférais garder pour toi,
Ce qui aurait terni nos joies.
Tu voulais, seule, y arriver,
Tant tu craignais de déranger.

Bien que, connaissant l'échéance, 
Tu as voulu tenter ta chance,
Tu as toujours joué gagnant,
Avec des doutes de temps en temps,
Sans pour autant baisser les bras,
Même si c'était dur bien des fois.


Aux autres tu restais attentive,
Même quand tes forces étaient moins vives,
Accompagnant, jusqu'à la fin,
Maurice, quand il en eut besoin.
Ou offrant un peu de ton temps,

Chaque semaine à ta maman. 

Au travers de tes aquarelles,
Tu as rendu la vie plus belle,
Avec ta palette de couleurs,
Tu as laissé parler ton coeur,
Y mettant la petite flamme,
De ceux qui peignent avec leur âme.

Et pour notre plus grand bonheur,
Tu savais faire chanter les fleurs,
Disposant au fil des saisons,
Des tiges, des feuilles de tous les tons,
Créant ainsi autour de toi,
De la beauté et de la joie.

Alors, là-bas, où que tu sois.
Fais nous plaisir encore une fois.
Prépare des fleurs et des couleurs,
Pour que, quand sonnera notre heure,
Si tu es là pour nous attendre,
Notre crainte soit un peu moins grande.


Car ce chemin que tu as pris,
Un jour, nous le suivrons aussi,
Mais nous croyons qu'à l'arrivée,
Nous devrions te retrouver. 
Nous te disons donc aujourd'hui:

Ce n'est qu'un au revoir "Didi" 

           à Edith avec toute mon affection.
                     20 février 2008 

 

Bon vent

De refrains différents, Nathalie, Dominique,
Vous avez voulu faire une chanson unique,
Jouer à quatre mains une même mélodie,
En accorder les notes pour qu'elles soient harmonie.
Vous apportez chacun, au fond de vos bagages,
Des trésors d'amitié, de souvenirs et d'images,
Et, forts de ces richesses, acquises séparément,
Vous les partagerez à deux dorénavant.
Elle te racontera les tortues, les lapins,
Les roses qu'elle préfère pour fleurir un jardin.
Il te dira le lac, le fleuve ou l'océan,
Comment régler la voile pour qu'elle prenne le vent.
Elle te fera connaître les goûts et les saveurs,
Il parlera de route, de voiture, de moteur.
Or il vous reste, ensemble, bien des choses à créer,
Tant de petits bonheurs au détour d'une idée.
Et si les grandes joies sonf faites de petits riens,
Elles sont là, près de vous, juste à portée de main.
Mais pour en profiter, il faut prendre le temps.
Et savoir s'arrêter, parfois, quelques moments.
Car découvrant à deux on peut faire des merveilles,
Voir, au fort de l'averse, un rayon de soleil,
Garnir de blanc, l'été, le somment des montagnes,
Ou de fleurs, en hiver, les prés et les campagnes,
Ecouter un oiseau qui chante dans le silence,
Simplement pour vous dire: croyez à votre chance.
Vous écrivez, ce jour, une nouvelle page,
Et ajustez vos pas pour un autre voyage.
Mais nul ne peut prévoir ce que sera la route,
Quelles seront les hasards, les embuches ou les doutes.
Si le chemin est raide et vous semble incertain,
Il paraîtra moins dur en vous tenant la main.
Et quand, dans votre ciel, surviendront des nuages,
Ne les laissez jamais éclater en orage,
Car, après la tempète, vient toujours le beau temps,
Alors, gardez le cap et allez de l'avant.
Ne soyez pas avares d'un geste ou d'un sourire,
De petites attentions qui font tellement plaisir.
De ces moments de joie vécus au quotidien,
Faites aussi profiter vos familles, vos copains.
Et puisque, aujourd'hui, vous prenez le départ,
Alors, hissez la voile et larguez les amarres,
Regardez devant vous, partez le coeur confiant,
Pour mener votre barque, vous êtes deux à présent.

           à Nathalie et Dominique
           à l'occasion de leur mariage (17/07/2010)
                    

 
L'amitié

L'amitié, c'est un sentiment,
Qui se conjugue à tous les temps.
C'est une confiance que l'on partage
Et qui grandit page après page.

C'est suivre ensemble au fil des jours,
Des lignes droites ou des détours.
Accepter d'être différents,
Sans jamais porter de jugements.
Prendre plaisir à échanger,
D'autres choix ou d'autres idées.

L'ami c'est plus qu'une famille,
C'est un frère qu'on aurait choisi,
Celui qui reste à l'arrière plan,
Mais prêt à répondre présent.
C'est avoir la joie de donner,
Mais aussi savoir accepter,
Et prendre la main qui se tend,
Sans rien lui devoir pour autant,
Car une charge partagée,
Est toujours moins lourde à porter.

Ce sont de petites attentions,
Des trésors d'imagination,
Pas besoin de nombreuses pages,
Il suffit juste d'un message,
Qui se moque des fausses pudeurs
Et laisse seulement parler son coeur.
Si les mots sont durs à trouver,
Ou si l'on craint de se tromper,
Se servir de ceux du "Prophète",
Pour dire ce qu'on a dans la tête.

C'est croire que les jours de brouillard,
Il y a là-bas un saint-bernard,
Pour te conduire vers la lumière,
Découvrir la source d'eau claire.
C'est être plus fort que le temps,
Le vent, le froid, les ouragans,
Posséder bien plus que de l'or,
Etre riche du plus beau trésor,
Celui d'avoir été choisie,
Un jour pour être ton amie.

         à Bernard (et Claire), avec toute mon affection
                    Novembre 2006 

 

à Jean-Pierre L, qui après Namur-Compostelle
entreprend Namur-Rome à pieds

Bonne route

Puisque tu reprends  le chemin,
Et ton bâton de pélerin,
Voici juste un petit "texto",
A glisser dans ton sac à dos.
Quelle que soit ta motivation,
Toi seul peux lui donner un nom.
Que ce soit seulement pour l'exploit,
Ou bien pour faire acte de foi,
L'important c'est que tu achèves,
Que tu ailles au bout de ton rêve.
Il y a tant à admirer,
De souvenirs à engranger,
Fais provision d'émerveillement,
A nous partager en rentrant.
Et si certain jour quelque doute
Devait faire obstacle à ta route,
Souviens-toi qu'il y a là-bas,
Quelques randonneurs namurois,
Qui, avec toi par la pensée,
Marchent un peu à tes côtés.
Alors bonne route, va de l'avant,
Et nous te souhaitons "bon vent".

                     mai 2010 

 

Sacrée orthographe

Ah quel casse-tête que l'orthographe,
Qui se taille si l'on y fait gaffe,
Et sert juste à tout compliquer,
Chaque fois que l'on doit rédiger.
Déjà dans le mot "orthographe",
Il y a deux "h" qui font tache:
Le premier qui ne sert à rien,
Et le second on pouvait bien,
Par un seul "f" le remplacer,
Cela nous aurait bien aidés.
L'accord des participes passés,
Un sadique a dû l'inventer:
Quand mettre "é" ou bien "er"?
Cela dépend de l'auxiliaire,
S'agit-il d'"être" ou bien d'"avoir",
C'est donc la première chose à voir.
Ensuite la place du complément,
Est-il derrière ou bien devant?
Est-il plurie ou singulier?
Mais ce n'est pas encore gagné,
Puisque, en plus, le masculin
L'emporte sur le féminin.
Pour accorder les mots en "ou",
C'est aussi une histoire de fou.
Car les choux, hiboux ou bijoux,
Si on les met sur les genoux?
Ne s'accordent pas comme les toutous,
Les trous, les matous, les doudous.
Voilà qu'au singulier le houx,
A déjà un "x" le filou!
Si cheval se change en chevaux,
Chacal ne devient pas "chacaux",
Travail se transforme en travaux,
Mais jamais bercail en "bercaux",
Marmaille ne devient pas "marmaux",
Et paille, en aucun cas, n'est peaux.
Ajoutons qu'entre deux voyelles,
Un mot prend deux "n" ou deux "l".
Que le son "s", on peut l'écrire,
Avec "c, cédille" et même pire?
Avec un seul "s" ou bien deux,
S'il est devantou au milieu.
Analysons le mot "enfant":
Il possède deux "an" différents,
Dans un même mot, pas évident,
De quoi s'y perdre de temps en temps.
Les "on" et "an" c'est pas gagné,
Car devant un "p" ou un "b",
Il faut les écrire avec "m",
C'est un peu compliqué quand même.
Que dire de la conjugaison,
Et de sa série d'exceptions,
Puisque certains verbes se transforment,
Sitôt qu'on en change la forme.
S'il ya des règles pour accorder,
Au pluriel ou au singulier,
Il y en a une série, quand même,
Qui ne vont pas rester les mêmes.
Exemple: vouloir sera "je veux"
Et pouvoir, lui, s'écrit "je peux",
Même "être" qui devient "je suis",
Mais suivre aussi se dit "je suis".
Alors comment s'y retrouver,
Comment ne pas tout mélanger,
Car on pourrait continuer,
Remplir des pages et des cahiers,
Y passer des heures et des jours,
Avant d'en avoir fait le tour.
Ces messieurs Bescherelle et Grévisse,
En croyant nous rendre service,
Y ont, sans dout, laissé des plumes,
Mais sans reconnaissance posthume,
Puisque des centaines d'écoliers,
En peinant, dur, sur leurs dictées,
Les auraient volontiers tués,
Après les avoit torturés.
Mais après tout quelle importance,
Si pour écrire ce qur l'on pense,
On y glisse parfois des erreurs,
Pourvu que cela vienne du coeur.
Pour les mordus de perfection,
Il y a quand même une solution,
C'est se servir du "téléphon",
Pour partager ses émotions,
Pour expliquer de vive vois,
Sans qu'aucune faute ne se voie,
Ce que l'on aimerait partager,
Sans avoir peur de se tromper.
Pour joindre les gens que l'on aime,
Il y a toujours le GSM.

                08 / 2011  

 

Clin d'oeil à un insomniaque

Cette nuit ne sachant dormir,
Il m'est venu l'envie d'écrire,
Un p'tit clin d'oeiil à un copain,
Qui lui aussi, ne dormait point.
Car quand on n'y est pas passé
C'est difficile d'imaginer.
Et lorsqu'on en parle à quelqu'un,
Il y a toujours un plus malin,
Pour y aller d'un bon conseil,
Sensé garantir le sommeil.
Certains diront "c'est dans la tête"
Et d'autres connaissent des remèdes.
Mais je reste persuadée
Qu'ils ne les ont jamais testés.
On m'avait conseillé le thé,
Mais dix fois j'ai dû me lever.
Des étirements, ou du stretching,
L'un ou l'autre exercice de gym,
Ou quelques figures de yoga,
Mélangeant les jambes et les bras,
Qui, sensés me décontracter,
M'ont juste désarticulée.
J'ai voulu compter les moutons,
Mais ils étaient plusieurs millions,
Et pendant que je les comptais,
Je jure qu'ils se multipliaient.
J'ai même essayé les prières,
Des dizaines d' "ave" des "pater",
Les tables de multiplications,
Quelques textes de mon invention.
Mais si c'est bon pour la mémoire,
Pour dormir, je demande à voir.
Alors pour me réconforter,
Je pense que j'aurai profité,
Deux fois plus longtemps de la vie,
Pendant que les autres roupillent.
Et me retournant dans mes draps,
Du côté gauche ou bien du droit,
Je pense avec philosophie:
Je dormirai au paradis.

          A Jean-Pierre E, amicalement, mars 2011

 

VOEUX 2012

A l'aube de l'année nouvelle,
L'occasion est vraiment trop belle,
De souhaiter du fond du coeur,
A tous mes amis les marcheurs,
Une année remplie de bonheur,
A Partager au fil des heures.
Que de nombreuses randonnées
Nous donnent l'occasion d'échanger,
Des nouvelles ou bien des idées,
Ou quelques gestes d'amitié.
De partager au fil de l'an,
Des bons ou des moins bons moments.
De découvrir au quotidien,
Ces simples gestes qui font du bien.
Un petit mot ou un sourire,
Qui sait, parfois même un fou-rire.
Si en plus, au cours des saisons,
Le temps est au diapason,
Ou si, bravant la pluie, le vent.
On se retrouve au fil du temps,
Pour parcourir d'autres sentiers,
Alors je m'estimerai comblée.
Mes souhaits pour l'année prochaine:
Que vous soient épargnées les peines,
Que ce soit avec le sourire,
Que vous envisagiez l'avenir.
La vie est belle, c'est évident,
Mordons la donc à pleines dents.

          Aux marcheurs de l'UTAN et SNS Namur

 

Le printemps

Après de longs jours de sommeil,
La nature doucement s'éveille.
Le soleil ne se cache plus,
Et proclame "je suis revenu,
Plus besoin de vous calfeutrer,
Je suis là pour vous réchauffer".
On aurait presque envie de dire,
Que la nature a le sourire,
Et d'imaginer qu'un artiste,
Trouvant la nature un peu triste,
A pris ses pinceaux, ses couleurs,
Pour tout repeindre avec son coeur.
Le perce-neige, intimidé,
A pointé le bout de son nez,
Donnant le signal du réveil,
A tous ceux qui, encore, sommeillent.
Le coq proclame "cocorico:
Que le soleil se lève plus tôt".
Les hirondelles, pour quelques mois,
Ont repris leur place sous nos toits.
Les oiseaux s'affairent dans leurs nids,
Afin d'accueillir leurs petits.
Le hérisson, tout étonné,
Achève de se réveiller.
Les animaux, comme chaque année,
Vont mettre au monde des nouveau-nés.
La vache va faire un joli veau,
Et la brebis un bel agneau.
Les habitants de la forêt,
Vont se faire un peu moins discrets.
Sur les arbres quelques boourgeons,
Annoncent la nouvelle saison.
Les fleurs vont s'ouvrir au matin,
Pour colorer tous nos jardins.
Et l'on se surprend à chanter,
Car le printemps est arrivé.

              12/2012  pour l'école


L'été

Le printemps a cédé sa place,
Et c'est l'été qui le remplace.
La nature, comme un grand artiste,
Trouvant la nature un peu triste,
A sorti couleurs et pînceaux,
Pour tout repeindre en renouveau.
Elle a mis du bleu dans le ciel,
Et dessiné un arc en ciel,
Ajouté, pour faire plus joli,
Quelques nuages de chantilly.
Pour donner de la vie aux fleurs,
Elle a mélangé les couleurs,
Posé du vert dans les jardins,
Sur les arbres et sur les sapins.
Dès que le jour pointe son nez,
Les oiseaux se mettent à chanter,
Et parfois, jusque tard le soir,
Ils font un joyeux tintamarre.
Et si l'on a un peu de chance,
Un coucou perce le silence.
Les blés ont poussé dans les prés,
Les maïs les ont dépassés.
Parfois au beau milieu d'un champ,
Un lièvre détale en courant.
L'écureuil cherche des cachettes,
Pour y déposer ses noisettes.
Il fait si chaud en plein midi,
Que l'on va se mettre à l'abri,
En se disant j'ai de la chance,
Car c'est la saison des vacances.
 
               pour l'école 03/2012

L'automne   

Mais qu'est-ce donc qui vous étonne ?
Nous voici déjà en automne.

Les feuilles vont former un tapis,
De roux, de brun et même de gris.
Il est bien surpris l'écureuil,
De ne plus retrouver les feuilles,
Que le vent, soufflant en rafales,
Fait tourbillonner comme au bal.
Déjà, est partie l'hirondelle,
A la recherche du soleil.
Dans son refuge, le hérisson,
A dit à ses enfants: dormons!
Enfants, ne parlons pas si fort,
Déjà la nature s'endort.
Petit à petit, sur la terre,
Chacun se prépare à l'hiver.
Seul le sapin, plus prévoyant,
A conservé tous ses piquants,
Mais il sera coupé d'un coup,
Pour entrer à Noël chez nous.

                    pour l'école 1966

 
L'hiver

Amis, ne faisons pas de bruit,
Car la nature s'est assoupie.
Les hirondelles sont déjà loin,
Parties pour les pays lointains.
Les journées se sont raccourcies,
Alors que s'allongent les nuits.
Beaucoup de petits animaux,
Se sont réfugiés bien au chaud,
Pendant l'hiver, il vont dormir,
On ne les verra plus courir.
Le soleil, derrière les nuages,
Ne fait plus que de courts passages.
Les arbres sont déshabillés,
Toutes leurs feuilles se sont envolées.
On ne voit même plus une fleur,
Le monde a perdu ses couleurs.
Portes et fenêtres sont fermées,
Pour empêcher le froid d'entrer.
Même les bruits sont plus feutrés,
On se surprend à chuchoter.
Mais il arrive de temps en temps,
Que l'on découvre un tapis blanc,
Avec un clin d'oeil du soleil.
Et alors, c'est une merveille:
On oublie le froid et le vent,
On met des bonnets et des gants,
Et tant pis si le nez rougi,
On se retrouve tous entre amis,
Pour des batailles de boules de neige,
Ou bien des balades en cortège.
Les enfants sortent les traineaux,
Façonnent les bonshommes les plus beaux.
On se prend alors à penser,
Que l'hiver a ses bons côtés.
D'autant que pour nous égayer,
Comme chaque année on va fêter,
La Noël et le nouvel an
En rêvant déjà au printemps.

                Pour l'école 12/2011

 
Saint Nicolas

Dans ta hotte, Saint Nicolas,
Tu as plein de cadeaux pour moi.
Et si quelquefois cette année,
Je me suis un peu fait gronder,
Je sais que tu vas pardonner,
Que tu vas quand même me gâter,
Car je suis encore fort petit,
Et d'avance je te dis merci.
Comme je t'ai beaucoup demandé,
Tu en as peut-être oublié,
Mais cela n'a pas d'importance,
Car j'ai vraiment beaucoup de chance.
Et Saint Nicolas, cette nuit,
N'oublie personne, je t'en supplie,
Je serais triste, si un enfant,
Ne trouvait rien en s'éveillant.

          pour l'école 12/2011


Le Noël des bergers 

Pour dénombrer les habitants,
On avait ordoné aux gens,
De se rendre où ils étaient nés,
Afin de pouvoir les compter.
Ils s'étaient donc mis en chemin,
Mais en emportant presque rien.
Pour Marie c'était fatigant,
Car elle allait être maman.
Le soir ils voulaient se loger,
Se reposer d'avoir marché,
Et ils avaient frappé partout,
Mais comme ils n'avaient pas un sou,
Personne ne les a acceptés,
Il n'avaient qu'à se débrouiller.
Et ils finirent par découvrir,
Une étable pour y dormir.
Oui mais, voilà que le bébé,
Pendant la nuit est arrivé.
Dans la crèche, ils l'ont donc couché,
Sur la paille ils l'ont déposé.
Le boeuf et l'âne, bien disposés,
Ont soufflé pour le réchauffer.
Et puis, est venu un berger,
Tout doucement, très intrigué,
Ce n'est quand même pas tous les jours,
Qu'un enfant ici voit le jour.
Devant cette histoire sans pareille,
Il court raconter la nouvelle,
A ses amis des environs,
Qui accourent voir le nourrisson.
Et comme c'étaient de braves gens,
Ils décidèrent immédiatement,
De partager ce qu'ils avaient:
Un peu de fromage ou du lait.
Si, de bons coeur, ils ont donné,
Ils étaient loin d'imaginer,
Qu'on en parlerait si longtemps,
Pendant bien plus de deux mille ans.

            Pour l'école Noël 2011

 

Le sapin de Noël

Là-bas, au fond de la forêt,
Il avait cru quil grandirait,
Que ses branches toucheraient le ciel,
Mais voilà, il y avait Noël.
Et pour garder les traditions,
Son arrivés les bucherons,
Qui ont choisi, pour nos maisons, 
Un sapin de bonne dimension.
D'un coup, ils l'ont déraciné,
Et chez nous ils l'ont installé.
Et pour qu'il soit vraiment joli,
Ensemble nous l'avons garni,
Mis des boules de toutes les grandeurs,
Et des guirlandes de couleurs.
Avec tout ça, je vous assure,
Il avait vraiment belle allure.
Mais, lui, ne comprenait plus rien,
Dans son bois il était si bien.
Pourquoi l'avait-on déguisé?
Personne n'avait rien expliqué.
Or, une fois la fête terminée,
Voilà qu'on l'a déshabillé,
Au jardin on l'a replanté.
Mais il était bien isolé.
Où ses frères étaient-ils passés?
Et il avait beau regarder,
Pas l'ombre d'un autre sapin,
Il en avait bien du chagrin.
Tout ça, c'était trop compliqué,
Qu'allait-il encore arriver?
Ne pleure pas petit sapin,
Nous les enfants, on t'aime bien,
Tu nous a donné tant de joies,
C'est sûr, on ne t'oubliera pas.
On te promet que chaque jour,
On viendra te dire un bonjour;
Alors, surtout, n'ai pas de peine,
On te garde pour l'année prochaine.

                Pour  l'école Noël 2011 


Le Noël de Joseph

Sur les genoux de sa maman,
S'endort un tout petit enfant.
Son papa sur lui s'est penché,
Bien tendrement pour l'embrasser.
Marie, laisse-moi le cajoler,
Bientôt vont venir les bergers,
Les mages avec tous leurs présents,
Donne le moi juste un instant.
C'est vrai, il faut en profiter,
A dit Marie, sans hésiter.
Joseph l'a serré sur son cœur,
N'osant pas croire à son bonheur.
Il l'a blotti dans ses grand bras,
Le protégeant contre le froid.
Et Jésus, bien au chaud, contre lui,
Ouvre les yeux et lui sourit.

                                    1965


Bonne année


En ce jour où l'année commence,
Je dois vous faire une confidence:
Si j'ai pris des résolutions,
J'ai aussi fait des provisions:
Plein de mots gentils à vous dire,
Des dizaines de jolis sourires.
Des centaines de petites caresses,
Pour vous montrer toute ma tendresse.
Quelques milliers de gros calins,
Pour le soir et pour le matin.
Plusieurs millions de gros bisous,
A déposer dans votre cou.
Une tonne de merci pour l'amour,
Que vous me donnez chaque jour.
Je vous souhaite de tout mon coeur,
Une année remplie de bonheur,
Et j'aimerais tant que, quelques fois,
Ce soit une petit peu grâce à moi.

                Pour l'école  Nouvel an 2012
                     

Les rois Mages 

Melchior, Balthasar, Gaspard,
Tous trois, avaient pris le départ.
Ils se rendaient au même endroit,
Pour adorer un "enfant roi".
On avait dit qu'un nouveau-né,
Etaient venu pour les sauver.
Ils avaient donc pris le chemin,
Mais pour où, ils n'en savaient rien.
Fallait-il partir vers le Nord,
Ou vers le Sud, ou bien encore,
L'Est ou l'Ouest, que décider?
Quand soudain, ils ont remarqué,
Une étoile qui brillait au loin,
Et semblait montrer le chemin.
Pendant des jours, ils l'ont suivie,
Dormant le jour, marchant la nuit.
Et, un jour, elle s'est arrêtée,
Mais d'eux elle s'était bien moquée,
Ce n'était pas le bon endroit,
Pour y loger un "enfant roi".
Pas de palais, ni de chäteau,
Juste une étable pour animaux.
Mais comme ils ont vu des bergers,
Ils sont entrés se renseigner.
Et là dedans, imaginez,
Dans la crèche on avait couché,
Un petit enfant qui dormait, 
Près de ses parents qui veillaient.
Ils allaient avoir l'air de quoi,
Avec leurs cadeaux pour un roi?
De l'or, de la myrrhe, de l'encens,
Ce n'était pas pour un enfant.
Il aurait sûrement préféré,
Un beau doudou à cajoler,
Ou même un bonnet et des gants,
Pour quand il y aurait du vent.
Les trois mages étaient désolés,
Ils n'y avaient même pas pensé.
Alors que les humbles bergers,
Avaient offert de quoi manger.
Mais, Marie en leur souriant, 
Leur a dit : le plus important,
C'est qu'après avoir tant marché,
Vous soyez enfin arrivés.

                Pour l'école  2012
 

Bonne fête, maman 

Pour ta fête j'avais rêvé,
De t'offrir un très beau collier,
Mais je n'ai pas d'or, ni d'argent,
Pas de perles ou de diamants.
Juste mes petits bras d'enfant,
Pour te serrer bien tendrement,
En déposant sur tes deux joues,
Plusieurs milliers de gros bisous.
Et te dire au creux de l'oreille,
Ma maman tu es la plus belle.

       Pour l'école 2011 


Bonne fête Papa

Lorsque j'ai besoin de tendresse,
Je connais la meilleure adresse.
Et si parfois j'ai un peu froid,
Je connais le meilleur endroit.
Si j'ai quelques petits soucis,
Je connais un très chouette abri.
Lorsque dehors c'est le déluge,
Je connais un super refuge.
Si j'ai envie d'un gros câlin,
Je connais le lieu qui convient.
Aux autres je n'en parle pas,
Car je le garde rien que pour moi,
A toi, je peux le dire, Papa,
Puisque c'est au creux de tes bras.

                  pour l'école  03/2012 


Les mamans du monde

Dans un petit lit aux draps blancs,
Serrant son ours, dort un enfant.
Il aurait bien sucé son pouce,
Mais maman l'a ôté en douce,
Lorsqu'elle est venue le couvrir,
Le soir avant d'aller dormir. 

Sur la banquise, dans son igloo,
Sommeille le petit esquimau
Sa maman remonte les peaux,
Pour être sûre qu'il ait bien chaud.
Doucement, elle remue le feu,
Pour que son enfant dorme mieux. 

Dans la brousse, là-bas, bien loin,
Somnole le petit africain.
Sa mère balance le panier
Dans lequel elle l'a déposé.
Pendant des heures, elle va bercer,
En chantonnant, son nouveau-né. 

Perdu tout au fond de la chine,
Va s'endormir le petit Ming.
Sa maman le met sur la natte,
Où il repose près d'une chatte.
Elle lui chante une mélodie,
Jusqu'à ce qu'il soit endormi.  

Il a vécu encore un jour,
Peut-être grâce à son amour,
En lui donnant sa part à elle,
Ce petit enfant du Sahel.
Demain sera-t-il encore là,
Le petit qu'elle sert dans ses bras.   

Qu'elles soient blanches, jaunes ou bien noires,
Partout dans le monde, le soir,
Les mamans vont avec tendresse,
Refaire toujours les mêmes gestes :
Veiller sur l'enfant endormi,
Pour qu'il passe une bonne nuit. 

                                 1965                               

 

Le secret du vent  

Il était un petit zéphyr,
Qui avait un secret à dire.
Il rêvait de le partager,
Et il avait tout essayé:
Il l'avait murmuré aux fleurs,
Au blé, au maïs, en douceur.
Il l'avait chanté aux oiseaux,
Et à bien d'autres animaux.
Parfois aux arbres des forêts,
Et jusqu'aux plages de galets.
Il en parla même aux étoiles,
Et à la brume matinale.
Il essaya chez les enfants,
Les petits, les moyens, les grands.
Mais il avait beau raconter
Personne ne l'avait écouté.
Aussi, un jour, découragé,
Il s'est dit: cela va changer;
Peut-être ai-je parlé trop bas,
Mais je le jure on m'entendra.
Alors, prenant sa plus grosse voix,
Il est parti au fond des bois,
Et secouant bouleaux et chênes,
Le voilà donc qui se déchaîne.
Il traverse les rues en courant,
Il y bouscule tous les passants,
Il arrache même les chapeaux,
Et fait s'envoler les journaux.
Il s'engouffre dans les maisons,
Chaque espace lui est bon.
Il entre par les cheminées,
Par les fenêtres mal fermées.
Il s'attaque aussi aux nuages,
Les change en averses, en orages.
Il plonge au fond des océans
Et retourne les vagues en hurlant.
Il n'y a plus rien qui l'arrête
Il devient mistral et tempête.
Bourrasque, tornade et ouragan,
Et cette fois tout le monde l'entend.
Mais devant une colère pareille,
Chacun se bouche les oreilles.
Et plus il crie, moins on l'écoute,
Car il n'a pas compris, sans doute,
Que pour dévoiler son secret,
Douceur ou colère rien n'y fait.
Car c'est aux cœurs qu'il doit parler,
S'il veut enfin être écouté. 

                                   2007

 
Treize ans

Un cœur trop petit, si petit,
     Si plein de désordre,
     Si plein de tout qu'il en déborde.
Et dans ce cœur trop petit, si petit,
     Tant de joie qui gronde,
     Tout l'amour du monde,
     Une folle envie de tout changer,
     Un grand désir de tout donner.
Mais tout au fond de ce cœur trop petit, si petit,
     Mais tout au fond,
     Un petit air de dépit,
     Le goût amer de la détresse,
     De grosses larmes de tristesse,
     L'espoir d'être bientôt un grand,
     La peur de n'être plus enfant.
Oh, dans ce cœur trop petit, si petit,
     Que de changements,
     Dans ce cœur d'enfant,
     Qui grandit...

                                1969

 

Réflexions (en bruxellois) suite à l'émission/fiction de la RTBF                
                                                     du 13 décembre 2006
     
 

Pôv Belgique 

On l'avait dit sur la télé,
Les flamands étaient décidés, 
C'était fini de « froucheler »,
Les wallons, ils en voulaient plus
Et du coup, la Belgique non plus.
Donc te fallait s'organiser,
Puisqu'on devait tout partager.
Autant chercher pour que c'est bon,
Mais te faut l'imagination.
Couper le nord en bas du sud,
Ça est déjà un fameux stuut ;
Mais à Bruxelles quoi te faut faire
Ça c'est encore une autre affaire.
Les gares c'est simple que tu choisis:
T'as une au nord, l'autre au midi ;
A un tu donnes la Basilique,
L'autre il reçoit le Botanique.
Tu as Laeken, moi le Palais,
Je prends la Bourse, toi la Monnaie.
L'Atomium, on le coupe en trois :
Quatre boules pour toi,
Quatre boules pour moi,
La neuvième pour les bruxellois,
Jusque là c'était pas chinois.
Le Manneken, plus compliqué,
Comment c'est qu'il devra pisser ?
Deux zizis on sait pas lui mettre
Alors çe serait bien, peut être,
Qu'il fait en wallon les jours pairs
Et en flamand les jours impairs.
Mais les mois de 31 jours,
Les wallons ils sont un trop court,
On peut mettre un jour de repos,
Histoire de purger le tuyau.
On dit... mais ça je dis tout bas
Que ce jour là, il f'ra caca.
Pour se déplacer pas d'problèmes
On supprime la STIB et DE LIJN
On peut même changer les autos
Contre des rollers et des vélos,
On garde juste que les piétons,
Comme ça on n'a plus de bouchons.
C'est tof qu'on aurait inventé
Une ville que tu sais respirer.
On peut peut-être, une fois par an,
Comme à Zolder ou Francorchamps,
Faire un circuit pour les autos  
Que tu copies sur Monaco.
Pour ce qui est de la culture,
Te faut réfléchir au futur :
Pour les spectacles, c'est plus malin 
Que tu as deux kets au lieu d'un :
Tchantché zieverait en bruxellois
Et Toone en wallon, tiens une fois!
Et pour les salles, ça est pratique
Qu'on peut garder « l'Ancienne Belgique ».
Le cirque, on met au parlement,
Ils ont déjà de l'entraînement.
Et pour la musique, bin tenê,
On chanterait plus rien qu'en anglais.
On ferait juste qu'une exception
Pour le "Grand Jojo" ses chansons.
Tout ça c'est seulement qu'un début
De ce qui va nous tomber d'ssus
Car d'autres klets, sûr qu'on aura
Mais ça c'est plus tard qu'on verra.
Si on cru que c'était vrai,
C'est qu'ils avaient mis le paquet
Car même le studio du JT
Pour leur coup, ils avaient squatté.
Le prince qu'était à l'étranger,
Il était tout verbaveré,
Tu lui aurais foutu une baffe,
Il aurait pas été plus paf.
Il avait plus rien comme couleurs
En se voyant déjà chômeur.
Même qu'il aurait téléphoné 
A Van Cau pour lui demander :
Tu aurais pas, des fois pour moi,
Au cas que je deviens pas roi, 
Un appart qui z'auraient de trop
Chez tes peyes de la Carolo ?
Ça est pas bien de la télé
Qu'elle nous a tous embobinés,
C'est quand même un service public
Qu'est pas là pour faire le comique,
Mais pour donner l'information,
Pas pour fabriquer des fictions.
C'est bête de donner des idées 
Aux snuls qui veulent se séparer;
Ils allaient bien trouver tout seuls
Comment se foutre sur la gueule.
Bref ce JT j'ai pas aimé,
Ça m'a même pas fait rigoler.
J'espère que ça reste malgré tout
Juste qu'une blague de mauvais goût.

                                   2007 

 

Pauvre Albert

Dans son palais, le pauvre Albert,
Depuis des jours, se désespère.
Il s'était fait des illusions,
En croyant prendre sa pension.
Pourtant, il se voyait déjà,
Bien peinard, avec Paola,
Coulant à deux, au fil de l'eau,
Des jours heureux sur leur bateau.
C'est vrai qu'au prix qu'il l'a payé,
Il doit le rentabiliser.
Elle lui aurait fait des pizzas,
Des pâtes, des glaces au chocolat,
Il s'était même dit qu'à l'UTAN,
Il marcherait bien de temps en temps.
Mais c'était être trop optimiste,
Pas question de quitter la piste.
Car il sait que pour être roi,
Son aîné ne fait pas le poids,
Et qui'l vaut donc mieux qu'il s'applique,
Plutôt à peupler la Belgique.
Pas plus d'chance avec le cadet,
L'enfant terrible du palais,
Qui est même parti, dans son dos,
Pour planter un arbre au Congo.
En plus des problèmes de famille,
Il y a aussi ceux du pays,
Depuis qu'Alexander, le sot,
Un beau jour a montré les crocs,
En imposant la démission
Et le recours aux élections.
Cela devait tout arranger;
Régler Bruxelles et BHV,
Mais ça c'était compter sans Bart,
Qui dans les mains avait les cartes,
Et qui, jouant son p'tit César,
Dans le pays met le bazar.
Il restait donc au pauvre Albert,
A acheter un dictionnaire
Où tous les mots finissent en "eur",
Les démineurs, informateurs,
Et j'en passe et pas des meilleurs,
Car en fait de conciliateurs,
On a plutôt vu des gaffeurs,
Des menteurs, des provocateurs,
Mais parmi tous les mots en "eur",
On a surtout connu "lenteur".
Et après des jours et des mois,
Depuis plus d'une année déjà,
Quand il se lève le matin,
Albert espère bien que demain,
Il pourra enfin s'en aller,
Pour une retraite bien méritée.
Mais chacun tire de son côté,
Et personne ne veut rien céder.
Et comme on le dit: les méchants,
Ils sont toujours dans l'autre camp.
Et c'est donc en affaires courantes,
Qu'il a du prolonger l'attente.
S'il croyait que c'était réglé,
Y  a un qui disait non ou nee.
Le pauvre Elio était sans voix.
Ca pouvait bien durer des mois,
Car non contents de négocier
Avec quelques flamands butés,
Les francophones sont divisés,
Et c'est pas prêt de s'arranger,
Puisque le MR, de son sein,
A même du expulser Maingain.
Chacun y va de sa combine
Avec quelques phrase assassine,
Et Elio prend son GPS,
Pour se rendre chez son altesse,
Et lui porter, dans sa tanière,
Des tas d'rapports intermédiaires.
Et Albert qui avait acheté,
Des sudokus, des mots croisés,
Une tonne de romans policiers,
De qui occuper ses soirées,
Doit lire des textes ridicules,
Où l'on change seulement des virgules,
En proposant quelqu' amendement
Pour Bruxelles ou le financement,
BHV et même les frontières,
Mais c'est toujours la même "guéguerre".
On a mis Bart en punition,
Privé de négociations,
Boudé par le CD&V,
De la table on l'a dégagé,
Mais plus on le met dans le coin,
Et plus il récote de points.
Si le pays vole en éclats,
Alors qu'est ce qu'Albert deviendra?
Faut dire que c'est pas confortable,
De vivre sur un siège éjectable.
Le pauvre il en fait des cauchemars,
S'il devait prendre le départ,
Qui donc lui payerait sa pension,
Aura-t-il droit à une maison,
Faudra-t-il, qu'avec Paola,
Il emmène aussi Fabiola,
Il faudrait alors un château,
Bien qu'on ait un gouvernement,
Tout n'est pas réglé pour autant,
Car si aux prochaines élections,
On perdait le noeud papillon,
Il faut quand même une solution,
Car si ça doit être encore long,

Avant qu'il puisse prendre du bon temps,
Le pauvre Albert aura cent ans.
              
                                 septembre 2011  

  

Si tu venais dans ma maison

Je mettrais du pain frais dans la huche,
Et dans le feu deux ou trois bûches,
Au sol, un grand tapis d'orient,
Sur notre lit des draps tout blancs.
Je mettrais du vin dans nos deux verres,
Au grenier le blé de notre terre,
De la paille fraîche à l'étable,
Une nappe rouge sur la table
Et puis partout des fleurs de la saison
Si tu venais dans ma maison.
 

Je mettrais au feu une bouilloire,
De la lavande dans l'armoire,
Un petit oiseau dans sa cage,
Ton livre ouvert à la première page.
Je mettrais des rideaux aux fenêtres,
Ta photo dans un cadre de hêtre,
Une symphonie sur le phono,
Une partition au piano.
Et puis partout des fleurs de la saison
Si tu venais dans la maison.
 

Je mettrais des chansons dans ma tête,
Dans ma bouche des mots de poète,
Des couronnes dans mes cheveux,
Et de la lumière plein mes yeux.
Je mettrais de la joie dans mon cœur,
Au fond de moi un immense bonheur,
Sur mes lèvres des millions de baisers
La jolie robe que tu as aimée.
Et puis partout des fleurs de la saison
Si tu venais dans ma maison.

                                      1968

 

 Tes mains

Tes mains qui jouent dans mes cheveux,
Tes mains qui caressent mes lèvres,
Chaque jour font briller mes yeux,
D'une si douce et tendre fièvre.
Tes mains qui me parlent à l'oreille,
Tes mains qui me disent sans mots,
Qu'elles m'aimeront même très vieille,
Que mon corps sera toujours beau.
Tes mains qui me prennent la main,
Tes mains qui conduisent mes pas,
Me guident à travers les chemins,
Qui, seuls, me mènent jusqu'à toi.
Tes mains qui me façonnent belle,
Tes mains qui me font plus jolie,
Qui, chaque jour, font de moi celle,
Qui se veut partageant ta vie.
Tes mains plus douces qu'un poème,
Tes mains que je ne peux décrire,
Mais qui toujours comme un je t'aime,
En moi font naître un grand sourire.
Tes mains que je voudrais baiser,
Tes mains que je voudrais tenir,
A qui j'aimerais tout donner,
A qui je veux appartenir.

                   1968 
  

 
 Qui sait

Il aura les yeux bleus, bruns, peut-être verts,

Qui sait et peu importe,
Je m'y perdrai comme en la mer.
Il aura les doigts, longs, courts, peut-être fins,
Qui sait et peu importe,
Ils auront la mesure de ma main.
Il aura les lèvres fermes, larges, peut-être fraîches,
Qui sait et peu importe,
J'y mordrai comme en la pêche.
Il aura la voix chaude, calme, peut-être sans pareille,
Qui sait et peu importe,
Elle sera musique à mon oreille.
Il aura un pas souple, court, peut être large,
Qui sait et peu importe,
Il s'accordera à ma marche.
Il aura un corps mince, tendre, peut être sain,
Qui sait et peu importe,
Il donnera sa marque au mien.
Un jour, bientôt, peut être demain,
J'espère, cela m'importe,
Ma route sera son chemin.

                                    1967

 Les gitans

Marche, mon peuple, marche,
Quand se ferment les portes,
Quand pour toi les chiens sortent.
Quand pour toi pas de place,
Quand partout l'on te chasse.
Part à travers le monde,
Reprend ta course folle.
Prend pour une autre ronde,
Ta guitare et ta viole.
Marche, mon peuple, marche.

Roule, mon peuple, roule.
Les murs de quatre planches,
Qui forment ta maison,
En semaine ou dimanche,
Par les routes s'en vont.
A travers tous chemins,
Parcourant tous pays,
Aujourd'hui, hier, demain,
En route pour la vie.
Roule, mon peuple, roule.

Chante, mon peuple, chante.
Fait pleurer ta guitare,
Fais chanter ton banjo,
Que de ton coeur, ce soir,
Ils se fassent l'écho.
Qu'ils expriment cette nuit,
Le poids de ton chagrin,
Toute la mélancolie,
D'une vie sans lendemains.
Chante, mon peuple, chante. 

Rêve, mon peuple, rêve.
Au pays merveilleux,
Où l'on n'arrive pas,
Qui brille dans tous les yeux,
Où jamais on ne va.
Mais n'ait jamais le doute,
Qu'un jour tu pourras voir,
Au détour d'une route,
Le pays de nulle part.
Rêve, mon peuple rêve. 



La bloque

Je bloque,
Tu bloques, il bloque,
Nous bloquons....
Quelle horrible conjugaison,
Qui me met le coeur à l'envers,
Et me fait descendre aux enfers.
Tant de matières si détestables,
Qu'il faut, à un rythme implaccable,
Dans le si petit cubage,
De notre tête,mettre en cage.
Dans un tel manque de volume,
Il faut ranger ce que la plume,
Pendant dix longs mois de l'année,
Sur le papier avait couché.
Et quand au ciel le soleil brille,
Il nous faut malgré notre envie,
De mettre au feu ces nombreux cours,
Reprendre le boulet, toujours.
Je bloque,
Tu bloques, il bloque,
Nous bloquons.....

De grâce, arrêtez la chanson,
Ou je vais perdre la raison.



La rose et le vent.

A l'aube s'est éveillée la rose,
Elle a bu la perle de pluie,
Que le vent tendrement dépose,
Sur elle au terme de la nuit.
Et tandis qu'elle se désaltère,
Il voudrait lui confier à l'oreille,
Combien chaque jour il espère,
La retrouver au matin pareille.
Et lorsqu'il joue dans ses pétales,
La caressant de son ardeur,
La rose qui ne sait son mal,
Chaque jour lui brise le coeur.
Et la fleur qui ne peut comprendre,
Ce que sans voix il ne peut dire,
Chaque jour accepte l'offrande,
De son invisible sourire.


Merci la vie

Pour ces grands yeux qui s'ouvrent,
Pour le rire d'un enfant.
Pour ces yeux qui découvrent,
Le sourire d'une maman.
Pour le jeu des petits,
Le gosse qui chante et rit.
Le gamin qui taquine,
Sa petite voisine.
Je dis merci,
Merci la vie.

Pour le gars qui le soir,
Pleure son désespoir.
Pour tous ceux qui ont peur,
Pour le vieux qui se meurt.
Pour tous ceux qui ont froid,
Ceux qui portent leur croix.
Et ceux qui sous les ponts,
Ce soir s'endormiront.
Je dis pourquoi,
Pourquoi cela.

Pour le gars qui toujours,
Est fidèle à son amour,
Pour ces amours qui naissent,
Coeurs qui se reconnaissent

Pour ces mains qui s'étreignent,
Pour ces jeunes qui s'aiment.
Qui à deux te présentent,
Leurs coeurs comme une offrande.
Je dis merci,
Merci la vie.

            1966




Parodie de la "tirade du nez"

La tirade de la calvitie

Ah, non c'est un peu court l'ami,
On pourrait dire, oh Dieu, concernant le dépit,
D'un crâne dégarni, des choses comme ceci.
En variant le ton, par exemple voici...
Agressif: Moi, monsieur, si j'avais un tel crâne,
J'y planterais, c'est sûr, une paire d'oreilles d'âne.
Amical: Comme je comprends votre tristesse,
De ne pouvoir y mettre deux belles tresses.
Descriptif: C'est une bille, c'est une boule, c'est une balle,
Que dis-je c'est une balle, c'est même un ballon de football.
Curieux: A quoi sert cette brillante sphère
De décor, monsieur, ou bien de planisphère?
Gracieux: Aimez-vous à ce point les insectes, que vous trouviez fort sage,
D'offrir aux mouches un plan d'atterrissage?
Truculent: Ca, monsieur, lorsque vous vous promenez, le soleil vous rend-il à ce point rouge
Que plus une voiture ne démarre ou ne bouge?
Prévenant: Prenez garde qu'un poil ou un cheveu,
Ne vienne déranger l'ordonnace des lieux.
Tendre: Pour tracer votre raie, quel que soit le côté,
Un peigne plus adapté doit sûrement exister.
Pédant: L'animal seul, monsieur, qu'Aristophane appelle hippocampéléphantocamélos,
Doit avoir sur le crâne tant de chair sur tant d'os.
Cavalier: Quoi, l'ami, comment avez-vous su
Que la mode exige qu'on mette la peau au-dessus?
Emphatique: Aucune cire ne peut, oh crâne reluisant,
Te donner, sans frotter, la patine des ans.
Dramatique: C'est le Sahel en plein drame!
Admiratif: Pour un coiffeur, quelle réclame!
Lyrique: De la page blanche il a la poésie!
Naïf: La justice a-t-elle ordonné la saisie?
Respectueux: Souffrez, monsieur, qu'on vous caresse,
Car vous avez le crâne aussi lisse qu'une fesse.
Campagnard: Eh, valet, c'est y un crâne, que non,
C'est queuqu' citrouille ou bien queuqu' potiron.

Pratique: Pour une crème à récurer,
Assurément, monsieur, c'est le support rêvé!
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot:
Le voilà donc ce crâne, qui déshabillant son maître,
Le présente tout nu, il en rougit le traitre.
Voilà ce qu'à peu près, l'ami, j'aurais pu dire
Puisque vous souhaitiez que je vous fasse sourire.
Prenez garde cependant que quelque courant d'air
Vous empèche d'apprécier ces quelques petits vers,
Qu'au fond de votre lit, à chaque éternuement,
Vous deviez interrompre la lecture un moment.
Alors n'hésitez pas à couvrir votre tête,
D'un étonnant chapeau ou bien d'une casquette.

 

 Absurde, n'est-il pas?

Intrigué par la clameur de la foule dans la rue déserte, la population, dispersée en petits groupes, formait une masse compacte.
Le borgne regardait de tous ses yeux dans la direction que le paralytique lui montrait du doigt.
Le sourd n'en croyait pas ses oreilles, le muet l'avait pourtant répété trois fois: il se passait quelque chose... Seul le sceptique était vraiment convaincu.
Dans la clarté d'une nuit d'encre, les lampes éteintes jetaient leur halo sur l'asphalte du chemin de terre, au milieu duquel un manchot saisissait à pleines mains un paquet arrondis, dont les angles acérés le blessaient.
Caché par la pleine lune, dont le premier quartier formait un beau croissant, il se croyait invisible, mais la clarté des étoiles, voilées par la brume, le faisait voir de tous. 
Que contenait ce paquet, se demandait l'avare, en jetant son argent par la fenêtre close? Peut être des pièces d'or, dont il serait bon de palper les billets.
Il fallait que l'on sache.

Le colonel en retaite, réformé à 18 ans pour strabisme, avait l'habitude de voir les choses en face. Aidé par le chirurgien, il prit la direction des opérations.
Il ordonna à chacun de ratrapper le voleur.
Prenant la direction opposée, chacun se lança à sa poursuite et répondant à son commandement: "en avant toutes", ils foncèrent vers l'arrière.
Prenant ses jambes à son cou, le cul de jatte montait la descente, suivi par l'unijambiste qui, courant de toute la vitesse de ses jambes, essayait de le ratrapper.
Seul, le gaucher prit l'extême droite, mais fonçant au beau milieu du chemin, il se prit dans les racines d'un arbre qui poussait au bord de la route.
Se sentant rejoint par ses poursuivants, qui s'éloignaient à chaque pas, le manchot écrasé par le poids du colis, dont le vide commençait à peser, déposa délicatement celui-ci sur la branche haute, d'un arbuste bas.
Le fracas de la chute se répercuta à tous les échos.
Raidi par un plâtre qui lui empéchait tout mouvement, l'homme le plus éloigné, profitant de sa proximité, se pencha souplement et souleva le paquet pour le descendre du sol. Le poids était tel qu'il le souleva comme une plume.
Il entreprit de  l'ouvrir. Il commença par défaire la ficelle du colis qui n'était fermé que par du papier collant, ouvrant ensuite, un par un, le seul papier qui l'enveloppait.
A l'intérieur une liasse de papiers contenant une feuille unique, vierge de toute écriture, sur laquelle apparu écrit en bleu à l'encre rouge le texte absurde que vous venez de lire.
Pas de quoi voiler la face cachée de la lune!
Déçue, la foule se dispersa en un seul groupe.
Enfin prenant la direction de sa maison, chacun rentra chez son voisin et voyant le soleil annnoncer une nouvelle journée se coucha pour une longue nuit.
Heureusement, comme le dit le dicton, le ridicule ne tue pas", sinon nous serions tous morts avant d'avoir terminé la lecture de cette page!!! 

 

 Une soirée chez les "Pères"

Parcourant la presse du jour, le Père Iodique prêtait une oreille distraite à la conversation de ses congénères.
Le Père Formance tenait le crachoir depuis plus d'une  heure, quelquefois interrompu par les remarques intempestives du Père Turbateur.
Parcourant la pièce d'un oeil scrutateur, le Père Iscope, s'aperçut, qu'en fait, seul le Père Sonne l'écoutait encore.
Recommençant pour la troisième fois le même travail, le Père Fection s'appliquait à sa tâche.
Dans son coin, le Père Sécution, imaginait de nouvelles colles pour ses élèves le lendemain.
Le Père Uque, se grattant la tête, attendait, avec impatience, le café promit par le Père Colateur.
Penché sur les horaires de chemin de fer, le Père Mission, rêvant à ses vacances, écoutait les remarques acides du Père Fide, que même le Père Dolan, pourtant si gentil, n'arrivait pas à digérer.
Dans son coin, le Père Pétuité, songeait à la mémoire de l'Ex Père Tise, décédé depuis peu.
Tandis que le Père Cepteur, refaisait pour la dixième fois ses comptes, agacé par le Père Mute qui bougeait sans cesse, le Père Spective songeait à l'avenir alors que le Père Sil distrait, faisait une salade des avis du Père Suasion, répétés à chaque fois par le Père Oquet.
Dominant le tout de sa voix puissante, le Père Cutant émettait des idées fracassantes, aussitôt dénigré par le Père Sifleur.
Etranger à tout cela, le Père Uvien, évaluait le Père Imètre qui suppliait le Père Manganate de trouver un remède pour le Père Dition qui, abasourdi par le brouhaha, n'arrivait plus à rassembler ses idées.
Le Père Du cherchait désespérément ses affaires, tandis que le Père Sonnalité s'arrêtait auprès de chacun pour lui serrer la main.
Tournant lentement une poudre qui'l faisait fondre dans un verre d'eau, le Père Limpimpin, essayait de suivre le discours du Père Emptoire.

Perdu sans ses réflexions, Le Père Cale pliait et dépliait son mouchoir, sous l'oeil acéré du Père Sant que ce geste irritait.
Triant ses documents le Père Forateur, les trouait pour les ranger dans sa farde.
Dominant les autres de sa haute taille, le Père Che essayait en vain d'attirer le regard du Père Cussion pour lui faire signe de réduire les décibels.
Recroquevillé dans son fauteuil, le Père Clu souffrait en silence, se demandant combien de temps le Père Icliter tiendait au bord de sa chaise sans tomber.
Le Père Cutané, piqué par les moustiques, étendait de la pommade sur ses mains.
Le Père Méable ne comprenait plus rien, mais s'amusait en voyant le Père Manente qui essayait, en vain, d'aplatir un épi rebelle.
Inlassablement, le Père Pétuel, tentait de refaire un "Rummycub" sans jamais y parvenir.
Malgré tous ses efforts, Le Père Verti, n'arrivait pas à distraire le Père Sistant qui étudiait avec attention un ouvrage de botanique que lui avait donné le Père Venche. 


                                                   1989

 

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